« La langue peut devenir la source d’un développement durable », Vital Kamerhe

« Il est important que les langues nationales soient utilisées dans l’enseignement, du début à la fin des études, y compris universitaires », a déclaré Vital Kamerhe (photo) au cours de sa défense de thèse de doctorat en économie du développement, à l’université américaine d’Athènes (Grèce).

« Comme cela se fait en Tanzanie ou au Kenya, l’enseignement dans les langues nationales permet à une plus grande partie de la population de mieux maîtriser la matière ».

L’actuel directeur de cabinet du président Tshisekedi pense que cela participe du développement durable de la RDC.

Doctorat en économie du développement


« Les effets de la rhétorique politique (du discours politique) sur la croissance économique pour le développement durable en RDC »
 était le sujet de la thèse de Vital Kamerhe.

L’homme politique a relevé la différence des discours des différents chefs d’état de la RDC, de l’indépendance à nos jours.

Il a notamment relevé les différences de perception des politiques, le premier ministre Patrice-Emery Lumumba se faisait mieux comprendre parce qu’il maîtrisait bien le lingala et le swahili, que le président Joseph Kasavubu (1960-1965) qui ne maîtrisait que le kikongo.

Vital Kamerhe a relevé notamment « l’erreur » de communication de Laurent Désiré Kabila (1997-2001), qui ne maîtrisait que le seul swahili, qui avait imprimé des passeports que dans cette langue.

Vital Kamerhe a aussi relevé qu’il n’y a pas eu de vrai leader avec un bonne communication de 2003 à 2005, « ce qui a eu un mauvais impact sur la bonne gouvernance ».

Et a souligné que l’actuel président, Félix Tshisekedi, s’exprime dans les 4 langues nationales, du lingala (généralement bien établi au tshiluba, « du fait de son appartenance à l’espace luba, en passant par le kikongo, par son éducation au Kongo Central, et par son mariage avec la sœur (du Sud-Kivu) ».

En finir avec les différences
.

« Le président Tshisekedi doit en finir avec la division linguistique », 
estime Vital Kamerhe pour permettre une encore plus grande cohésion nationale.

« La langue peut devenir la source d’un développement durable »
, estime Vital Kamerhe, qui souligne soutenir cette hypothèse « dans un environnement de bonne gouvernance et ce, pour une meilleure interaction avec les populations ».

Vital Kamerhe s’exprime dans les 4 langues nationales du pays, « mon père était directeur de la Caisse nationale, nous avons séjourné dans toutes les provinces ce qui m’a donné l’opportunité de maîtriser, très jeune toutes les langues ».

La communication dans les langues locales est vraiment importante, insiste le président du parti UNC, pour qui « cela participe aussi du respect du peuple et de ses cultures ».

Par Christian Lusakueno

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